Jean-Luc Guionnet
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POINTS D’IMPOSTURE - avec ÉLIZABETH SAINT-JALMES

¬ Dispositif & Installation

(installation video, écran 16/9 vertical, musique électroacoustique en stereo, danse, tapisserie, dessin à l’encre de chine, lampe)



Les points d’imposture sont des hybrides de sons, d’images et de positions de corps, libres de statistiques — détachés du probable et de l’improbable. Utilisés pour orner des surfaces où des formes en suspension dans l’air peuvent trouver place. On y représente des entités, créées du caprice de la nature, ou simplement de quelque fantaisie exagérée : par exemple quand on les invente de biais, on arrive alors à suspendre à un fil très fin un poids qu’il ne peut supporter, ou transformer tel modèle en effusion de possibles, aussi les jambes d’unetelle ou d’untel en parasites électriques et encore quelques postures de corps en musiques utiles, mettant ainsi à jour une foule de déplacements et d’extravagances sans terme.

Si l’on décide de remplacer les organes par des lignes, la motivation est remplacée par le motif, la simple posture par une multitude de stratégies du moindre effort ; des espèces d’ondes et de plages sont strillées avec du son et de légères volutes, portant sans raison de petites figures assises. On voit encore des tiges terminées par des mains, d’où sortent des demi-figures, les unes avec des visages de femmes, d’autres sans visage, ou bien encore d’animaux que l’on regarde ou pas.

Or, ce sont là des impostures qui ne peuvent exister, et n’existeront jamais et leur prévalence, par la passivité du jugement, dépérit lentement. N’ayant plus à choisir puisque cela dure, songerait-on à confondre cette musique utile avec un simulacre ? En quoi l’usage de ces sons ustensilaires diffèrerait-t-il de l’usage de ceux, inutile à la subsistance ? Se placerait-on dans l’utilité comme l’escargot bave en traversant surfaces goudronnées et hostiles météo ? Ou bien l’imposture, par quelque stratégie redondante (ce qu’elle est de toute façon), chargerait-elle le temps de rendre tout possible ?

Mais considérant la besogne d’un peintre, on choisit l’endroit d’une paroi pour y loger la position de ce corps, position faite aussi bien du vide à l’entour que des conditions pour qu’elle soit d’utilité — n’ayant ordre, suite, ni proportion que fortuite : points d’imposture ou ornement sans nom.

http://psonic.free.fr/2011/francais/index.html
http://www.distilled-art.com/friends_07/elizabeth_saint_jalmes/